Différentiel type A ou type B ? La règle RGIE 2026
En logement belge, tout différentiel est au moins de type A. Quand prévoir un type B ou un type A avec RDC-DD – borne de recharge, pompe à chaleur, PV – et pourquoi A-SI ne veut pas dire sélectif.
Réponse courte : au moins type A, type B seulement en cas de courant de défaut continu lisse
Tout différentiel d’une installation domestique belge est au moins de type A (RGIE Livre 1, sous-section 5.3.5.3, point a). Le type B s’impose là où des courants de défaut continus lisses peuvent apparaître et où aucune autre combinaison admise ne les couvre. Pour la borne de recharge, c’est fixé par le RGIE : soit un différentiel qui reste fonctionnel en présence d’une composante continue (par exemple un type B), soit un différentiel associé à un dispositif de détection de courant continu résiduel, par exemple un type A plus une RDC-DD dans la borne (7.22.4.1 b).
Pour tous les autres appareils, c’est la fiche technique qui tranche : quelles formes de courant de défaut sont possibles, une surveillance DC est-elle intégrée, quel différentiel externe le fabricant impose-t-il ? « Avec onduleur » ne suffit pas à justifier un type B.
Cet article traite des installations domestiques en courant alternatif selon le Livre 1, version 06, applicable depuis le 1er avril 2026. Les schémas à courant continu mis à la terre, que la version 06 encadre désormais, sont un sujet à part.
Type, haute immunité et sélectivité : trois notions différentes
- AC, A, F ou B indique pour quelles formes de courant de défaut le déclenchement est garanti.
- La haute immunité (codes fabricant comme SI, HI ou AP-R) limite les déclenchements intempestifs face à certaines perturbations.
- La sélectivité ou temporisation décrit le comportement dans le temps face à un différentiel en aval. Ce qui compte : un marquage S ou une courbe de temps documentée.
Un « type A-SI » n’est donc pas automatiquement sélectif. Il existe des appareils A-SI à déclenchement instantané.
Tous les types de différentiels en un coup d’œil
| Type | Détecte | Usage en logement belge |
|---|---|---|
| AC | Uniquement les défauts alternatifs purs | Ne satisfait pas à l’exigence minimale du type A |
| A | Défauts alternatifs et continus pulsés | Classe minimale (5.3.5.3 a) ; exigences des appareils à vérifier |
| A-SI | Mêmes formes de défaut que le type A | Immunité renforcée ; pas automatiquement sélectif |
| F | En plus, certaines fréquences mixtes | Pour certaines charges monophasées à variateur selon le fabricant |
| B | En plus, les défauts continus lisses | Quand le concept de protection ou le fabricant l’exige |
Nouveau dans la version 06 : les classes de sensibilité distinguent désormais le courant alternatif ou continu pulsé du courant continu lisse. « Haute sensibilité » signifie plus de 10 mA et au maximum 30 mA en alternatif, et plus de 20 mA et au maximum 80 mA en continu lisse (2.6.4).
Quatre valeurs sur l’appareil à ne pas confondre
- Type (A, F, B…) : forme de courant de défaut détectée.
- IΔn (par exemple 30 ou 300 mA) : sensibilité au courant différentiel.
- In (par exemple 40 ou 63 A) : courant que le différentiel peut porter en permanence. Il ne déclenche pas en surcharge ; un interrupteur différentiel pur a donc besoin d’une protection contre les surintensités coordonnée.
- Tenue au court-circuit ou courant de court-circuit conditionnel : adaptée au point d’installation (5.3.5.3 a).
Nombre de pôles, tension réseau et câblage comptent aussi : tous les conducteurs actifs du circuit protégé passent par le tore, et les neutres de groupes différentiels distincts ne sont pas mélangés. Le bouton test vérifie le mécanisme interne – pas la résistance de terre ni l’ensemble de la mesure de protection. Ce sont les mesures du contrôle qui le font.
Quand faut-il un type B ?
Le type B entre en jeu quand des courants de défaut continus lisses sont possibles et qu’aucune autre combinaison admise par le RGIE et le fabricant ne couvre ce risque. Vérifiez l’appareil concret :
| Appareil | Ce qui décide |
|---|---|
| Borne de recharge | 7.22.4.1 b : type B ou différentiel plus RDC-DD coordonnée (dans l’installation, la borne ou les deux) |
| Pompe à chaleur | Fiche technique du compresseur, de l’appoint et de la commande ; différentiel externe prescrit |
| Onduleur PV | Topologie de l’onduleur, surveillance interne du courant de défaut, consigne du fabricant pour le différentiel externe |
| Plusieurs onduleurs sur un différentiel | Évaluer ensemble la somme des courants de fuite normaux et les composantes continues possibles |
« Sans transformateur » ou « avec onduleur » n’entraîne aucune obligation générale de type B. À l’inverse, un type B ou F n’est pas simplement « meilleur » : une plage de formes d’onde plus large ne remplace ni la bonne sensibilité, ni le courant nominal, ni le temps de coupure, ni la protection contre les surintensités, ni un câblage correct.
Quand le type A suffit-il ?
- Circuits de prises et d’éclairage : le différentiel 30 mA de type A habituel.
- Électroménager courant comme lave-linge, lave-vaisselle, cuisinière et éclairage, sauf prescription contraire du fabricant.
- Borne de recharge avec RDC-DD intégrée : chaque circuit de recharge reçoit son propre différentiel de 30 mA au maximum (7.22.4.1 b). Si la borne intègre un dispositif de détection de courant continu résiduel coordonné avec le différentiel externe, un type A suffit à cet endroit. La fiche technique de la borne établit cette coordination.
Neuf, modifié ou existant ?
« Au moins type A » est la base pour une installation domestique neuve. Pour une installation existante, vérifiez en plus sa date de réalisation, les dérogations de la partie 8 applicables et si une transformation ou une extension déclenche les exigences actuelles pour la partie modifiée. Un type AC présent n’est donc ni admissible sans examen, ni la preuve que toute l’installation est inutilisable.
Déclenchements intempestifs : d’abord la cause, ensuite l’appareil
Quand un différentiel déclenche sans raison apparente, « poser un A-SI » n’est pas un diagnostic. Vérifiez d’abord défauts d’isolement, humidité, neutres inversés ou partagés, courants de fuite et erreurs de câblage. Ensuite seulement, évaluez si un appareil à immunité documentée convient. La haute immunité ne doit pas affaiblir la protection des personnes.
Un disjoncteur différentiel combiné (RCBO) réunit protection différentielle et protection contre les surintensités pour un seul circuit terminal. Son type doit lui aussi correspondre à la charge, et la coordination avec le différentiel amont reste nécessaire. Consignez dans le dossier la référence réelle – fiche technique, schéma et notice de montage – et pas seulement « 30 mA type A ».
Sélectivité : 300 mA devant 30 mA ne suffit pas
L’échelonnement 300 mA devant 30 mA ne garantit pas la sélectivité. Vérifiez le rapport des courants différentiels assignés, une courbe expressément sélective ou temporisée de l’appareil amont, la combinaison validée par le fabricant, les temps de coupure et les courants de fuite normaux. La haute immunité ne remplace pas une coordination temps/courant. Ce n’est qu’avec cette preuve que seul le différentiel de groupe déclenche de façon fiable en cas de défaut.
Références RGIE en un coup d’œil
| RGIE Livre 1 | Exigence |
|---|---|
| 2.6.4 | Classes de sensibilité pour alternatif/continu pulsé et pour continu lisse |
| 4.2.4.3 b | À l’origine 300 mA au maximum ; en aval, protection sensible pour les circuits énumérés |
| 4.2.4.3 b | Maximum 8 circuits terminaux par différentiel à haute ou très haute sensibilité |
| 5.3.5.3 a | En logement au moins type A ; différentiel de tête d’au moins 40 A ; tenue au court-circuit adaptée au point d’installation |
| 7.22.4.1 b | Borne : différentiel propre ≤ 30 mA par circuit de recharge ; différentiel résistant au continu ou différentiel plus détection DC |
Choisir en six étapes
- Déterminer le circuit et tous les appareils raccordés.
- Fixer la protection minimale RGIE et la sensibilité.
- Vérifier dans la documentation fabricant la forme du courant de défaut, la détection DC et le différentiel externe prescrit.
- En cascade, démontrer la coordination temps/courant des modèles concrets.
- Documenter type, sensibilité, courant nominal et temporisation dans le schéma unifilaire.
- Faire contrôler l’installation réalisée par l’organisme agréé.
Documenter et vérifier les différentiels dans PlanElec
Dans PlanElec, vous saisissez pour chaque différentiel le type, la sensibilité et le courant nominal ; ces données figurent dans le schéma unifilaire et le PDF. L’auto-contrôle RGIE vous signale notamment un différentiel principal inférieur à 40 A, une borne de recharge sans différentiel propre, un différentiel de borne qui n’est ni de type B ni associé à une RDC-DD de la borne confirmée dans l’inspecteur, et – à titre de recommandation pratique selon l’IEC 60364-5-53 – un différentiel amont sans temporisation. Le périmètre complet figure dans Ce que vérifie l’autocontrôle. La coordination fabricant et les mesures se vérifient sur l’appareil réel ; le contrôle relève de l’organisme agréé.
Articles liés
Base réglementaire : RGIE Livre 1, version 06, section 2.6.4 et sous-sections 4.2.4.3 b, 5.3.5.3 a et 7.22.4.1 b. Seul le texte officiel du SPF Économie fait foi.