FAQ

Section de câble et disjoncteur : 1,5 mm² = 16 A, 2,5 mm² = 20 A

Tableau 4.11 du RGIE (disjoncteur max.) : 1,5 mm² = 16 A, 2,5 mm² = 20 A, 4 mm² = 25 A, 6 mm² = 40 A, 10 mm² = 63 A. Prises : 2,5 mm² minimum.

Publié le 18 mars 2026 Mis à jour le 5 octobre 2026 8 min

Dans une installation domestique belge, le tableau 4.11 du RGIE fixe le disjoncteur maximal : 16 A sur 1,5 mm² de cuivre, 20 A sur 2,5 mm², 25 A sur 4 mm² et 40 A sur 6 mm². Un circuit de prises se câble toujours en 2,5 mm² au minimum, selon la sous-section 5.2.1.2. La protection protège la canalisation, pas l’appareil : un disjoncteur trop gros pour la section coupe trop tard en cas de surcharge, et le câble surchauffe.

Aperçu rapide : disjoncteur → section minimale

Cet aperçu lit le tableau 4.11 dans le sens de la question posée sur chantier : le disjoncteur est connu, vous cherchez la plus petite section de cuivre admise.

DisjoncteurSection minimale en cuivreUsage typique
10 A1,5 mm² (le tableau 4.11 cite 1 mm², mais le tableau 5.1 ne l’admet pas pour une canalisation neuve)Éclairage
16 A1,5 mm² ; circuits de prises au moins 2,5 mm² selon 5.2.1.2Éclairage, circuit sans prises
20 A2,5 mm²Circuit de prises, circuit d’appareil
25 A4 mm²Circuit terminal plus chargé
32 A6 mm²Taque de cuisson, chauffe-eau instantané
40 A6 mm² (plafond du tableau)Circuit terminal ou alimentation
63 A10 mm²Alimentation d’un tableau divisionnaire
80 A16 mm²Alimentation, interrupteur général
100 A25 mm²Alimentation, interrupteur général

Le tableau fixe un plafond pour la protection, pas un dimensionnement achevé. Le mode de pose, le groupement, la température ambiante et la chute de tension peuvent exiger une section supérieure ; la méthode de vérification suit plus bas.

Le tableau 4.11 complet

Le RGIE présente la correspondance dans l’autre sens : pour chaque section de conducteur, le calibre maximal de la protection, séparément pour le coupe-circuit à fusible et le disjoncteur (sous-section 4.4.1.4, applicable aux installations domestiques).

Tableau 4.11 — Calibre de la protection selon la section du conducteur (RGIE 4.4.1.4)

Section du conducteurFusible max.Disjoncteur max.Usage dans une installation domestique
0,5 mm²2 A4 Auniquement circuits de commande, contrôle, signalisation et mesure
0,75 mm²4 A6 Auniquement circuits intégrés dans les tableaux
1 mm²6 A10 Auniquement existant d’avant le 17 mai 1986 (Partie 8)
1,5 mm²10 A16 Acircuits sans socles de prise de courant
2,5 mm²16 A20 Aadmis de manière générale
4 mm²20 A25 Aadmis de manière générale
6 mm²32 A40 Aadmis de manière générale
10 mm²50 A63 Aadmis de manière générale
16 mm²63 A80 Aadmis de manière générale
25 mm²80 A100 Aadmis de manière générale
35 mm²100 A125 Aadmis de manière générale

Les deux colonnes ne sont pas interchangeables. Pour une même canalisation, la limite du fusible se situe un cran sous celle du disjoncteur. Remplacer sur 2,5 mm² un fusible de 16 A par un disjoncteur de 20 A augmente le courant nominal et impose de réévaluer le circuit.

Tableau 5.1 : les exceptions sous 2,5 mm²

La sous-section 5.2.1.2 interdit les conducteurs isolés de moins de 2,5 mm² lorsqu’ils ne font pas partie intégrante d’une machine ou d’un appareil. Le tableau 5.1 énumère limitativement les exceptions :

MinimumUniquement pour
1,5 mm²circuits sans prises ; seule une prise individuelle d’au plus 2,5 A intégrée dans un luminaire est admise
0,75 mm²circuits intégrés dans les tableaux et ensembles d’appareillage alimentant un seul socle de prise
0,5 mm²circuits de commande, contrôle, signalisation et mesure

La ligne 1 mm² du tableau 4.11 n’autorise donc pas une canalisation neuve en 1 mm². Le tableau 4.11 fixe la protection maximale ; le tableau 5.1 détermine si la section peut être posée.

Installations existantes : canalisations de 1 mm²

Pour les parties existantes des installations domestiques, la section 8.2.2 (point 5, choix des canalisations électriques) prévoit une dérogation strictement délimitée : les canalisations EMCB et EMCVB de 1 mm² et CTLB et VTLB de 0,75 mm² peuvent rester en service si l’exécution sur place a commencé avant le 17 mai 1986 et si elles appartiennent à des circuits sans prises. Leurs dispositifs de protection doivent être adaptés à la section. Il s’agit d’une tolérance pour l’existant, pas d’une règle pour une pose neuve. L’époque de réalisation et le type réel de câble doivent pouvoir être établis lors du contrôle.

Ce que le tableau ne tranche pas

Un choix complet relie trois courants : le courant d’emploi de la charge I_B, le courant nominal de la protection I_n et le courant admissible de la canalisation I_Z. En principe, I_B ≤ I_n ≤ I_Z. I_Z n’est pas une valeur fixe par mm² : la sous-section 4.4.1.4 le fait dépendre de la section, de l’isolation, de la constitution de la canalisation, du mode de pose et de la température ambiante.

Vérifiez donc aussi :

  • Canalisation : matériau, isolation et constitution du câble ; les valeurs du tableau valent pour le cuivre.
  • Mode de pose : sous tube, dans un isolant thermique, en apparent, en faisceau ou sur chemin de câbles.
  • Groupement : nombre de conducteurs chargés simultanément et de circuits voisins.
  • Environnement : température ambiante et évacuation de la chaleur.
  • Longueur et charge : la chute de tension sur la longueur réelle.
  • Court-circuit : conditions de coupure, impédance de boucle et pouvoir de coupure du disjoncteur face au courant de court-circuit présumé.

Une longue liaison peut demander une section supérieure à cause de la chute de tension, un mode de pose défavorable réduit le courant admissible. Pour les installations non domestiques, le tableau 4.11 ne constitue pas un plafond général ; I_Z s’y détermine selon les règles de l’art.

Chute de tension : 3 % et 5 % sont des valeurs guides, pas une limite RGIE

La section 5.2.5 (« Chute de tension ») impose de limiter la chute de tension aux valeurs décrites dans les règles de l’art. La sous-section 5.2.1.2 b ajoute qu’elle doit rester compatible avec un fonctionnement sûr des appareils alimentés. Le RGIE ne fixe aucun pourcentage. En pratique, les concepteurs retiennent 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres circuits terminaux : des valeurs guides éprouvées pour un premier contrôle. Pour une longue liaison, un moteur, une borne de recharge ou un appareil sensible, calculez avec les conditions réelles.

Le calcul demande la longueur, le matériau du conducteur, la section, le courant, le facteur de puissance et le réseau (monophasé ou triphasé). Le guide Calcul de chute de tension et choix de la section montre comment ces grandeurs interagissent. Plus rapide : le calculateur de section de câble gratuit.

Remplacer un ancien fusible par un disjoncteur

Une infraction classique lors du contrôle : une protection trop grosse pour la section posée. Cas typique : dans une installation ancienne, les fusibles ont été remplacés plus tard par des disjoncteurs sans que personne ne vérifie la canalisation en aval.

La démarche :

  1. Identifier la canalisation : quelle section et quel type de câble sont réellement posés, et comment ?
  2. Situer l’existant : une dérogation de la Partie 8 s’applique-t-elle, par exemple pour du 1 mm² d’avant le 17 mai 1986 ?
  3. Choisir la colonne : pour 1,5 mm², le tableau 4.11 admet au plus 10 A en fusible ou 16 A en disjoncteur ; pour 2,5 mm², au plus 16 A ou 20 A.
  4. Vérifier le type de circuit : un circuit de prises exige au moins 2,5 mm², quel que soit le disjoncteur.

Un disjoncteur de 20 A sur 1,5 mm² n’est jamais admis. Le plafond du tableau n’invite pas non plus à augmenter la protection.

Les bases RGIE en un coup d’œil

Référence RGIEContenu
Sous-section 4.4.1.4Courant admissible I_Z ; tableau 4.11 avec le calibre maximal du fusible et du disjoncteur par section
Sous-section 5.2.1.2Choix des canalisations : I_Z ≥ I_B, chute de tension compatible, en principe au moins 2,5 mm²
Tableau 5.1Exceptions limitatives sous 2,5 mm² : 1,5 mm², 0,75 mm² et 0,5 mm² à usage défini
Section 5.2.5Chute de tension limitée aux valeurs décrites dans les règles de l’art
Section 8.2.2, point 5Existant d’avant le 17 mai 1986 : EMCB/EMCVB 1 mm² et CTLB/VTLB 0,75 mm² dans des circuits sans prises

Vérifier section et protection dans PlanElec

Dans PlanElec, vous saisissez pour chaque circuit la protection, la section et la longueur, directement dans le schéma unifilaire. L’autocontrôle vérifie que la section correspond au courant nominal de la protection et calcule la chute de tension à partir de la longueur de câble, par rapport aux valeurs guides de 3 % et 5 %. Les règles couvertes sont détaillées dans Ce que vérifie l’autocontrôle. Le mode de pose, le groupement et les mesures sur place relèvent de l’électricien ; le contrôle officiel est réalisé par l’organisme agréé.

Pour aller plus loin

Base réglementaire : RGIE Livre 1, version 06, applicable depuis le 1er avril 2026, en particulier 4.4.1.4, 5.2.1.2, 5.2.5 et 8.2.2. Texte officiel : SPF Économie.

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