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Calculer la chute de tension : quelle longueur de câble ?

Calculez la chute de tension de votre câble et voyez dès quelle longueur une section plus grande s'impose. Formule, tableau des longueurs et calculateur gratuit pour la Belgique.

Publié le 2 août 2026 Mis à jour le 5 octobre 2026 8 min

La longueur admissible d’un câble dépend de la chute de tension : un câble cuivre de 2,5 mm² parcouru par 16 A sous 230 V atteint les 5 % usuels vers 54 m, un circuit d’éclairage en 1,5 mm² à 10 A atteint les 3 % de l’éclairage dès 31 m environ. Au-delà, il vous faut une section supérieure, un tracé plus court ou un tableau secondaire plus proche de la charge. Le disjoncteur ne répond pas à cette question : il protège la canalisation contre la surcharge, mais ne dit rien de la tension disponible au récepteur. Vérifiez donc toujours les deux points : la canalisation est-elle compatible avec la protection, et la chute de tension reste-t-elle dans la valeur visée ? L’exigence la plus sévère fixe la section.

Dans quels cas la chute de tension compte-t-elle ?

Les cas typiques sont les longues liaisons vers un garage, un abri de jardin ou une annexe, l’éclairage extérieur, l’alimentation d’un tableau secondaire, une pompe à chaleur ou une borne de recharge. Outre la distance, interviennent le courant, le réseau mono- ou triphasé, le matériau du conducteur, la section, la tension nominale et le facteur de puissance.

Calculez toujours le trajet électrique complet depuis le tableau. Lorsque plusieurs tronçons se succèdent, par exemple l’alimentation d’un tableau secondaire puis le circuit terminal, leurs chutes s’additionnent. Ne calculer que les derniers mètres jusqu’à l’appareil sous-estime le résultat.

Ce qu’impose le RGIE

La section 5.2.5 du Livre 1 du RGIE (« Chute de tension ») impose de limiter la chute de tension aux valeurs décrites dans les règles de l’art. Elle ne fixe aucun pourcentage. Les valeurs courantes de 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres circuits terminaux viennent de la série de normes IEC/NBN HD 60364-5-52 et constituent l’application usuelle de ces règles de l’art.

La sous-section 5.2.1.2 b exige en outre que la chute de tension, dans les conditions normales de service, reste compatible avec un fonctionnement sûr des appareils alimentés. Le second contrôle, section contre protection, relève du tableau 4.11 de la sous-section 4.4.1.4 pour les installations domestiques. Il limite la protection selon la section, sans démontrer le courant admissible dans tous les modes de pose. Le tableau complet, avec les colonnes fusible et disjoncteur, figure dans notre tableau section de câble et disjoncteur.

La formule

L est la longueur aller simple, pas l’aller-retour :

  • monophasé : ΔU = 2 × ρ × L × I × cos φ / S
  • triphasé : ΔU = √3 × ρ × L × I × cos φ / S
  • pourcentage : ΔU% = ΔU / Un × 100

ρ est la résistivité, I le courant et S la section en mm². PlanElec calcule avec 0,0175 Ω·mm²/m pour le cuivre et 0,029 Ω·mm²/m pour l’aluminium, cos φ 0,95 par défaut et la tension nominale du circuit : 230 V pour les circuits terminaux monophasés et, pour les circuits triphasés, la tension entre conducteurs de phase (230 V ou 400 V). Le modèle résistif n’inclut ni réactance ni correction thermique ; pour le résidentiel et le petit tertiaire, c’est un prédimensionnement solide.

En isolant la longueur, on obtient la longueur simple maximale pour une limite donnée : L_max = ΔU_max × S / (2 × ρ × I × cos φ) en monophasé.

Longueur maximale par section

Le tableau suivant calcule en cuivre, avec cos φ 0,95 et le courant nominal complet du disjoncteur comme charge. Si la charge réelle est plus faible, la liaison peut être plus longue en proportion.

CircuitSectionCourantLimiteLongueur simple max.
Éclairage, 230 V1,5 mm²10 A3 %env. 31 m
Éclairage, 230 V1,5 mm²16 A3 %env. 19 m
Éclairage, 230 V2,5 mm²16 A3 %env. 32 m
Prises/appareils, 230 V2,5 mm²16 A5 %env. 54 m
Prises/appareils, 230 V2,5 mm²20 A5 %env. 43 m
Circuit d’appareil, 230 V4 mm²25 A5 %env. 55 m
Taque/borne, 230 V6 mm²32 A5 %env. 65 m
Triphasé 3N~400/230 V2,5 mm²16 A5 %env. 108 m
Triphasé 3N~400/230 V6 mm²32 A5 %env. 130 m

Ces valeurs valent pour un seul tronçon depuis le tableau. Si le circuit terminal part d’un tableau secondaire, déduisez d’abord la chute de tension de son alimentation.

Quelle tension s’applique à votre circuit ?

L’erreur la plus fréquente consiste à confondre la forme du réseau et le circuit. Les 400 V d’un raccordement triphasé n’existent qu’entre deux conducteurs de phase. Un circuit de prises ou d’éclairage ordinaire se raccorde, même dans une telle habitation, entre une phase et le neutre : il voit 230 V.

Réseau au raccordementCircuitTension nominaleFacteur
1×230 Vmonophasé230 V2
3×230 V sans neutremonophasé, L–L230 V2
3×230 V sans neutretriphasé230 V√3
3N~400/230 Vmonophasé, L–N230 V2
3N~400/230 Vtriphasé400 V√3

Comme le facteur et la tension de référence changent ensemble, l’écart est important : les mêmes 16 A sur 30 m en 2,5 mm² donnent 2,78 % en monophasé, mais 1,38 % pour un circuit triphasé sous 400 V. Calculer par erreur un circuit monophasé en triphasé donne un résultat environ deux fois trop favorable et conduit à sous-dimensionner la section.

Dans un réseau sans neutre, un circuit monophasé est raccordé entre deux conducteurs de phase. La tension vaut aussi 230 V et, comme les deux conducteurs portent le courant complet, le facteur 2 s’applique. Pour identifier votre réseau, consultez Monophasé ou triphasé en Belgique.

Deux exemples chiffrés

Éclairage d’un abri de jardin

Une liaison cuivre de 45 m alimente sous 230 V une charge d’éclairage de 8 A. En 1,5 mm² avec cos φ 0,95 :

ΔU = 2 × 0,0175 × 45 × 8 × 0,95 / 1,5 = 7,98 V

Soit 3,47 %, donc plus que les 3 % de l’éclairage. En 2,5 mm², la perte tombe à 4,79 V, soit 2,08 %. Pour ce critère, 2,5 mm² est la première section normalisée qui convient.

Circuit de prises dans un garage

Une liaison cuivre de 30 m transporte 16 A sous 230 V. En 2,5 mm² :

ΔU = 2 × 0,0175 × 30 × 16 × 0,95 / 2,5 = 6,38 V

Soit 2,78 %. Pour un autre circuit terminal, la limite est de 5 % : 2,5 mm² satisfait le critère de chute de tension. Le courant admissible dans le mode de pose réel se vérifie séparément ; c’est l’objet de Modes de pose selon le RGIE.

Calculer gratuitement en ligne

Le calculateur de chute de tension et de section contrôle une section choisie ou propose une section provisoire, gratuitement et sans inscription. Il couvre les trois réseaux belges (1×230 V, 3×230 V et 3N~400/230 V), distingue circuits monophasés et triphasés et accepte la charge en A, W, kW ou kVA, en cuivre ou en aluminium. Il compare les sections normalisées et affiche séparément chute de tension et protection.

Le calcul tourne directement dans le navigateur : curseurs et résultat réagissent sans délai ; le même moteur de calcul est disponible via l’API PlanElec. Le calculateur est conçu pour le prédimensionnement. Mode de pose, groupement, température ambiante, type d’isolant, réactance, tenue au court-circuit, conditions de coupure, bornes et données fabricant relèvent ensuite du dimensionnement professionnel.

Que faire si la chute est trop élevée ?

Le levier le plus direct est une section supérieure. Souvent, un tracé plus court ou un tableau secondaire proche des charges est la meilleure solution. L’aluminium est intéressant sur une longue alimentation, avec des connexions adaptées et un dimensionnement propre. Pour une borne ou une pompe à chaleur, une alimentation triphasée réduit fortement le courant par phase à puissance totale égale. La gestion de charge maintient en outre le raccordement et la protection dans leur plage admissible.

Erreurs fréquentes

  • Appliquer 3 % partout. 3 % valent pour l’éclairage, 5 % pour les autres circuits terminaux.
  • S’arrêter au tableau section-disjoncteur. Il ignore la longueur et la charge réelle.
  • Encoder l’aller-retour. Saisissez la distance simple ; le facteur 2 est déjà dans la formule monophasée.
  • Oublier les tronçons en amont. Les chutes de tous les tronçons s’additionnent.
  • Prendre la chute de tension pour tout le dimensionnement. Mode de pose et tenue au court-circuit sont des vérifications distinctes.

Questions fréquentes

Faut-il saisir la longueur simple ou l’aller-retour ?

La longueur simple, du tableau au récepteur. En monophasé, le facteur 2 couvre le conducteur de retour ; en triphasé, vous calculez avec √3.

Le 1,5 mm² est-il admis pour l’éclairage ?

Oui. Le tableau 5.1 de la sous-section 5.2.1.2 admet 1,5 mm² pour les circuits sans prises, protégés selon le tableau 4.11 par un disjoncteur de 16 A ou un fusible de 10 A au plus. Une grande longueur peut néanmoins exiger 2,5 mm² ou davantage.

Une section plus grande est-elle toujours préférable ?

Elle réduit les pertes, mais coûte plus, prend de la place et doit entrer dans les bornes. Choisissez la première section qui réussit toutes les vérifications pertinentes.

Que faut-il en plus pour le contrôle électrique ?

Le calculateur fournit un calcul de chute de tension traçable. Le dossier du contrôle électrique comprend en outre le schéma unifilaire, le plan de position et les mesures sur place ; l’évaluation revient à l’organisme agréé.

Du pré-calcul à une note de dimensionnement vérifiable

Une bonne feuille de calcul conserve plus que le pourcentage final. Notez le tableau et le circuit, chaque tronçon, la longueur aller simple, le matériau, le raccordement des phases, la tension nominale, le courant de calcul et l’origine de ce courant : plaque signalétique, étude fabricant ou scénario explicitement posé. Un facteur de puissance supposé reste visible comme hypothèse.

Consignez ensuite le critère d’acceptation et sa source. Puisque la section 5.2.5 renvoie aux règles de l’art, la valeur de projet peut venir de la norme applicable, d’un cahier des charges, d’une exigence du gestionnaire de réseau ou des limites de l’appareil. Les 3 et 5 % de cet article sont le point de départ usuel ; un récepteur sensible peut exiger une plage de tension plus étroite à ses bornes.

Séparez ensuite les vérifications. La chute de tension répond à une question. Le conducteur doit aussi supporter le courant dans son mode de pose réel, être coordonné avec la protection contre surcharge et court-circuit, respecter les conditions de coupure et la tenue thermique, et convenir mécaniquement aux bornes et aux cheminements. Plusieurs tronçons acceptables isolément peuvent donner ensemble une chute excessive. Alimentation principale, départ vers le tableau secondaire et circuit terminal entrent donc ensemble dans le bilan.

Après exécution, confrontez le trajet et le conducteur documentés au chantier. Les mesures révèlent des conditions de réseau ou des résistances de contact qu’un modèle purement résistif ne prévoit pas. Si le tracé, le matériau ou la phase change, mettez à jour le schéma unifilaire et la liste des câbles. Une telle note convainc l’électricien et l’organisme de contrôle bien plus qu’une capture affichant une coche verte.

Suivre les modifications

Conservez les données et le résultat pour chaque version du projet. Si la longueur change avec le tracé réel, le raccordement passe du mono au triphasé ou la charge change d’appareil, recalculez et notez la source. Comparez pourcentage, tension finale et tronçons cumulés. Un conducteur plus gros améliore la chute de tension, mais ne règle aucune question ouverte de protection, de bornes ou de pose.

Formuler correctement le résultat

N’écrivez pas « câble conforme », mais par exemple : « Pour la charge, la longueur, la tension nominale et le critère de projet documentés, le modèle résistif donne cette chute de tension. » Mentionnez les points encore ouverts. Un concepteur peut ainsi refaire le calcul, modifier les entrées et y rattacher les autres justificatifs de dimensionnement. Un calcul de scénario pour une charge encore inconnue est signalé comme tel et remplacé dès que l’appareil réel est choisi. Indiquez aussi si la longueur vient du plan, d’une mesure ou d’une hypothèse prudente.

Vérifier la chute de tension dans votre projet

Dans PlanElec, vous tracez les cheminements de câbles sur le plan ; leur longueur est reprise dans le circuit. L’autocontrôle en déduit pour chaque circuit terminal la chute de tension par rapport aux valeurs guides de 3 % et 5 % et signale les dépassements, en plus du contrôle section-protection. Les règles couvertes sont détaillées dans Ce que vérifie l’autocontrôle.

Articles associés

Base officielle : SPF Économie, Livre 1 V06 du RGIE, en particulier la section 3.2.2 (types de systèmes), les sous-sections 4.4.1.4 et 5.2.1.2 et la section 5.2.5.