L’interrupteur général est-il obligatoire ? Ce qu’impose le RGIE
Oui : tout tableau principal comporte un interrupteur-sectionneur général coupant simultanément tous les conducteurs de ligne – d’au moins 40 A en logement (RGIE 5.3.5.1 b). Toutes les exigences.
Réponse courte : oui, d’au moins 40 A en logement
Oui, l’interrupteur général est obligatoire en Belgique. Selon le RGIE Livre 1, sous-section 5.3.5.1 b, tout tableau principal de répartition et de manœuvre est équipé d’un interrupteur-sectionneur général qui coupe simultanément tous les conducteurs de ligne et, le cas échéant, le neutre. Son intensité assignée est adaptée à l’installation et vaut au moins 25 A en général, au moins 40 A dans les installations domestiques.
Un interrupteur-sectionneur peut – contrairement à un simple sectionneur – être manœuvré en charge. C’est précisément ce qui en fait l’interrupteur général : un geste, et toute l’installation est hors tension.
Les exigences en un coup d’œil
| Exigence | Ce que demande le RGIE | Référence |
|---|---|---|
| Présent | Interrupteur-sectionneur général sur le tableau principal | 5.3.5.1 b |
| Tous les conducteurs de ligne | Une seule manœuvre coupe tous les conducteurs de ligne et, le cas échéant, le neutre | 5.3.5.1 b |
| Intensité assignée | adaptée à l’installation ; au moins 25 A, au moins 40 A en logement | 5.3.5.1 b |
| Exception | Le dispositif de protection du gestionnaire de réseau peut assurer la fonction s’il est conçu pour le sectionnement | 5.3.5.1 b |
| Accessible | Tableau facile à manœuvrer et à entretenir ; en logement, accessible sans moyens particuliers | 5.3.5.1 c |
En pratique, « tous les conducteurs de ligne et le cas échéant le neutre » signifie : bipolaire en monophasé, tétrapolaire en 3N~400 V et tripolaire en 3×230 V sans neutre. Le RGIE ne fixe pas de hauteur de montage ; ce qui compte, c’est d’atteindre le tableau sans échelle, sans outil et sans déplacer de meuble.
À quoi sert l’interrupteur général
- Couper en cas d’urgence : incendie, dégât des eaux ou accident électrique – chaque occupant met toute l’installation hors tension d’un seul geste, sans connaissances techniques.
- Consigner pour travaux : toute intervention commence par la séparation sûre de l’installation du réseau.
Constats typiques lors du contrôle
Dans les anciennes installations, l’interrupteur général manque parfois complètement, ou seul un interrupteur unipolaire est présent et ne coupe pas le neutre. Vérifiez ces points avant le contrôle :
- Un interrupteur général est-il présent ?
- Coupe-t-il simultanément tous les conducteurs de ligne (et le neutre s’il existe) ?
- Son intensité assignée atteint-elle au moins 40 A en logement et convient-elle à l’installation ?
- Le tableau est-il librement accessible – pas derrière un meuble ni dans un local fermé ?
Interrupteur général et fusible principal : deux choses différentes
L’interrupteur général n’est pas une protection contre les surintensités. Il sectionne, il ne protège pas. La protection contre les surintensités est assurée par le dispositif du gestionnaire de réseau en amont du compteur et par les disjoncteurs du tableau. À l’inverse, le dispositif du gestionnaire de réseau ne peut assurer la fonction d’interrupteur général que s’il est expressément conçu pour le sectionnement (5.3.5.1 b). Le pouvoir de coupure requis pour les disjoncteurs en aval est expliqué dans Pouvoir de coupure des disjoncteurs.
Interrupteur général et différentiel à l’origine
À l’origine d’une installation domestique se trouve en outre au moins un différentiel de 300 mA au plus, au moins de type A et d’une intensité nominale d’au moins 40 A (4.2.4.3 b, 5.3.5.3 a). Il assure la fonction de sectionnement conformément au point a.3 de la sous-section 5.3.3.1. C’est une exigence imposée à cet appareil, pas une exception au 5.3.5.1 b : comme substitut de l’interrupteur-sectionneur général, le RGIE ne cite expressément que la protection contre les surintensités du gestionnaire de réseau. Si un seul appareil remplit les deux rôles, vous le démontrez par ses caractéristiques. Le schéma unifilaire doit en tout cas indiquer sans ambiguïté quel appareil assure la fonction d’interrupteur-sectionneur général.
Concevoir l’interrupteur général dans PlanElec
Dans PlanElec, vous placez l’interrupteur général avec son nombre de pôles et son intensité assignée sur le schéma unifilaire et dans le tableau. L’auto-contrôle RGIE signale comme erreur un interrupteur général manquant et un interrupteur général inférieur à 40 A en logement. Le périmètre complet figure dans Ce que vérifie l’autocontrôle. Le contrôle de l’installation réalisée relève de l’organisme agréé.
Articles liés
- Checklist de contrôle : ce que vérifie l’agent-visiteur
- Un différentiel 30 mA par prise ?
- Contrôle électrique en Belgique
Base réglementaire : RGIE Livre 1, version 06, sous-section 5.3.5.1 b et c, complétée par 4.2.4.3 b, 5.3.3.1 a.3 et 5.3.5.3 a. Seul le texte officiel du SPF Économie fait foi.